Suite à nos explications sur notre mode de vie communautaire, des personnes s’interrogent sur notre vision religieuse : « Les Brigandes ! On ne vous comprend pas toujours, votre groupe est bien mystérieux… De quelle confession êtes-vous au fait ? »
Il est donc nécessaire d’éclaircir notre position philosophique et religieuse sans vouloir l’imposer à quiconque, ni prétendre détenir la vérité.
 
Nous pensons que la démarche intérieure d’une personne ne regarde qu’elle-même car les apparences religieuses extérieures ne peuvent déterminer l’avancée spirituelle d’un être.
Dans ces temps de confusion, nous préférons nous présenter comme des chercheurs de vérité, sachant que la Vérité est un chemin vers l’inconnu qui exige de se délester des croyances imposées par des autorités qui sont comme des aveugles guidant les aveugles. Croire n’est pas la foi.
En dépit de l’avertissement évangélique : « Satan vient comme un ange de lumière », d’innombrables êtres sont éblouis par les artifices du Nouvel Âge, alors que d’autres tentent de retrouver la pureté de leur religion, si cela est encore possible.
Dans une communauté comme le clan des Brigandes, nul n’est contraint de croire ce qui ne vient pas du cœur et de la raison. Nous ouvrons des perspectives pour tenter de nous relier à ce qui peut s’approcher de la Vérité, en explorant diverses doctrines, parmi celles qui semblent les plus sérieuses.
On ne peut pas tout connaître mais l’avantage d’un groupe c’est de partager l’expérience de ceux qui sont sur la même fréquence, étant rassemblés par une affinité plus forte que les croyances.
 
Né(e)s dans la deuxième moitié du XXe siècle, dans la France laïque, plus ou moins catholique post Vatican II, ayant étudié la philosophie classique, les traditions germaniques, la sagesse de l’Inde et de l’Orient, la Théosophie, l’Anthroposophie, l’ésotérisme des traditions mystiques judéo-chrétiennes, exploré l’impasse du Nouvel-Âge et des philosophies modernes, ayant survécu à l’athéisme, au matérialisme de la culture de masse américaine et à l’idéologie de 1968, nous sommes malgré tout cela toujours en quête de l’Absolu.
En tant qu’êtres humains pensants, nous sommes des chercheurs de vérité, comme nous l’affirmions dans notre « Note sur la Gnose ».
Nous nous inscrivons dans la grande Tradition indo-européenne qui s’est manifestée à travers différentes écoles philosophiques, mystiques et religieuses. La base de notre démarche intérieure est donc la recherche du Vrai, du Beau et du Bien telle qu’elle fut transmise par le divin Platon.
Loin de nous affirmer « païen-libre-penseur » et de nier la réalité du Christianisme, nous voyons ce dernier comme le couronnement des enseignements de sagesse donnés à l’humanité.
 
Dans la philosophie antique, l’homme élevait son Esprit par l’observation des forces de la nature. En tant qu’Occidentaux, nous sommes les héritiers des écoles pythagoriciennes et platoniciennes qui ont été les phares lumineux des sciences et des arts. Pour les Anciens, il était impensable d’observer la nature d’un point de vue matérialiste. Toute forme de vie était la manifestation d’une volonté divine. Suivant ce principe et en tant que créature, nous sommes le premier sujet que l’on doit comprendre pour s’orienter dans la vie. Ainsi, la base de toute philosophie véritable était exprimée à Delphes, sur le fronton du temple d’Apollon : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux. »
Une authentique religion a pour objet de révéler la nature du monde, des puissances divines et de Dieu, et de ramener l’homme mortel dans le cosmos éternel. Mais encore faut-il reconnaître notre égarement causé par la chute originelle. Celui qui ne « s’avoue pas pécheur » ne sait encore rien sur lui-même.
 
Le Christianisme essentiel qui annonce avec force « Mon Royaume n’est pas de ce monde » est, comme nous l’avons dit, le couronnement des anciennes sagesses. Il aurait dû exister, comme le désirait l’Empereur romain Julien, en harmonie avec les autres traditions religieuses d’Europe – et en aucun cas les combattre comme le fit une Église dogmatique et intolérante.
Le Christianisme des débuts s’est d’abord développé à la manière antique dans de petites communautés, tels les premiers chrétiens qui n’étaient pas des révolutionnaires mais étaient encore reliés à la Tradition grecque. Parmi eux, beaucoup refusèrent de considérer comme sacré l’Ancien Testament des Juifs, le message du Christ étant bien plus proche des anciennes traditions européennes que de la loi mosaïque. Le courant de la révélation chrétienne se scinda ensuite en deux groupes : les orthodoxies d’une part et les gnostiques qui culminèrent dans l’Ordre des Manichéens. Les gnostiques chrétiens furent supplantés, non sans violence, à cause de leurs doctrines secrètes réservées à des initiés. Une religion de masse se fonde sur des dogmes inévitablement simplificateurs.
Le Christianisme était universel dans le sens où il n’était pas destiné à une race, une nation ou une tribu particulière. Comme il est dit dans les Évangiles, le Christianisme est une affaire de conversion. Se convertir n’est pas un rite, c’est passer d’un état de vie à un autre, c’est sortir de l’ancienne loi mosaïque du « œil pour œil, dent pour dent », pour entrer dans la grâce de l’Amour.
C’est un chemin de libération spirituelle comme l’entendaient les premiers gnostiques chrétiens, et qui a déclenché l’hostilité de ceux qui ne comprennent pas cet amour transcendant, car il dépasse celui de la famille, du sang et de la race. Le Christianisme véritable est toujours occupé à naître. C’est une voie difficile, étroite, dans laquelle on ne saurait faire l’impasse sur la connaissance de soi et une « reddition du moi ». Aucun rite ou sacrifice extérieur ne peuvent se substituer à l’exigence du renoncement et du sacrifice intérieur. C’est le chemin de la Croix.
Dans tous les cas, jamais l’Évangile n’a enjoint ses adeptes à persécuter qui que ce soit. Aussi, les crimes de l’Inquisition contre d’autres chrétiens (Manichéens, Cathares, alchimistes, hermétistes et mystiques) sont une tache répugnante sur la robe de l’Église catholique. Aujourd’hui, cette même Église qui persécuta durement les soi-disant hérétiques participe activement à l’islamisation de l’Europe. S’étant compromise avec le pouvoir temporel, elle cherche à conserver sa position de première religion mondiale en chapeautant la soupe œcuménique. (Loin de nous l’idée de heurter les catholiques sincères qui suivent la voie chrétienne à leur façon : c’est la hiérarchie catholique qui est ici visée).
Le Christ ne se résume pas à une révélation fixée dans le temps et l’histoire car il est l’axe de l’évolution des civilisations humaines.
Dans les questions subtiles de philosophie religieuse, la compassion qui n’est pas une tolérance molle est essentielle. On ne convertit pas à l’Amour par le glaive et le bûcher ! Autant se lancer dans le djihad au nom du Christ !
L’idée de convertir par la force est une abomination opposée à l’action de l’Esprit Saint qui descend sur celui qui l’a cherché et mérité. En contemplant les horreurs de l’islamisme, on doit se souvenir qu’un certain christianisme fanatique fut l’initiateur de l’inquisition et de la torture contre les « mauvais croyants ». L’Occident devrait-il payer pour ses erreurs passées ?
 
Nous reconnaissons l’existence d’une Tradition primordiale qui se manifeste sous différentes formes selon les époques, les peuples et les civilisations.
Nous nous efforçons de pratiquer le commandement chrétien « Aime Dieu de tout ton cœur, et ton prochain comme toi-même » ; votre prochain étant celui qui partage votre vie et votre idéal, c’est celui qui est le plus proche.
Nous avons souvent dénoncé l’hypocrisie de l’idéal jésuito-maçonnique d’unité mondiale qui voudrait singer la véritable communion des âmes. Malheureusement, ce n’est pas par la force des gouvernements autoritaires ni par l’abrutissement général des masses que l’on parvient à l’unité spirituelle.
Cette supercherie est condamnée d’avance, comme cela a été prophétisé à travers les traditions eschatologiques.
Nous affirmons que nous sommes actuellement dans l’Âge Noir, le dernier des quatre âges (selon la Tradition antique) où les valeurs s’inversent.
Dans cette période obscure, nous vivons un temps d’obscurcissement de la conscience qui s’observe par le développement d’un matérialisme étouffant.
La destruction de la nature, l’avilissement des mœurs, l’insensibilité croissante de l’humanité par rapport à la Vie sont des signes du temps que le Christianisme nomme « apocalyptique ». Il y a une force de dissolution à l’œuvre que rien ne peut arrêter. En termes chrétiens, on parle du règne de l’Antéchrist, que certains orthodoxes de Russie annoncent comme un fait accompli sur la Terre.
Malgré cela, il faut vivre « sans craindre le jugement qui vient ». Alors, dans cet Âge Noir, nous nous efforçons de vivre selon la Tradition qui a fixé les principes d’une vie noble, en conformité avec les lois universelles et la loi naturelle.
Nous recherchons la Vérité dans tous les domaines. Nous tentons d’atteindre la Beauté par les relations harmonieuses que nous tissons avec nos frères et les règnes vivants. Notre végétarisme en est une modeste illustration.
Cette recherche de Beauté et d’amour fraternel est à la base de notre démarche communautaire. La vie religieuse n’est pas un don inné, c’est un travail et un combat, un art de vivre, une discipline pour sortir de la voie de perdition qu’est l’individualisme. Ce dernier est l’obstacle à toute forme de vie spirituelle et donc à tout développement dépassant notre état d’animal égocentrique. Sortir de l’individualisme nécessite un immense effort.
 
Ayant grandi dans un monde en dissolution, nous nous sommes associés pour retrouver des valeurs communes. Comme « L’union fait la force », il en faudra beaucoup pour lutter contre la violence et la bêtise propres à la civilisation marchande qui veut nous réduire à l’état d’esclave et finalement de robot.
Si on peut encore parler de chevalerie de nos jours, c’est l’idéal auquel nous aspirons : courtoisie, largesse, loyauté, courage – ce qui n’est qu’une autre manière de formuler le Vrai, le Beau et le Bien.
La religion est inséparable du service pour Dieu et ses communautés vivant dans l’unité fraternelle.
De ce point de vue, nous nous reconnaissons dans ce que les Russes nomment le Katehon, la force de résistance à l’Antéchrist (le terme de Katehon est emprunté aux Épîtres de Paul). Nous savons que l’épreuve est là et que nous devons résister et tenir.
Nous pensons qu’il est nécessaire de concentrer les connaissances et de « cultiver » l’amour fraternel dans des foyers de vie, des « groupes de force », capables de résister à la grande vague de dissolution. C’est le message que nous voulons transmettre par l’exemple de notre vie en clan.
 
Nous traversons des temps difficiles où il est nécessaire de s’entre-aider plutôt que de s’opposer au plan idéologique.
Nous reconnaissons comme alliés les groupes en lutte contre le matérialisme et qui désirent restaurer la vie de l’Esprit.
Ceux qui ont le loisir de pratiquer les querelles de chapelles ne sont pas des gens sérieux. Ils n’ont pas compris la nature du monde dans lequel ils vivent, ni pris conscience de la valeur du temps qui nous est imparti. On ne peut se perdre en vains combats quand la maison brûle.
Par notre organisation en clan, nous participons à un mouvement de concentration des forces et des efforts qui est un principe fondamental de la guerre. Les lois de la guerre devraient être réétudiées par les résistants à l’Ordre mondial car elles exposent en une dizaine de points tout ce qu’il faut faire pour contrer l’ennemi et le vaincre. Ces lois peuvent être comprises spirituellement.
 
S’il n’est pas aisé de résumer notre vision religieuse, on peut le tenter en quelques mots : Connaissance, Amour fraternel et Service à Dieu et à l’humanité. Autrement dit : l’éternelle quête pour le Vrai, le Beau et le Bien.