Daria Douguine, journaliste russe, fille du célèbre philosophe et géopoliticien Alexandre Douguine, a récemment écrit un article pour le média russe Vzglyad sur les Brigandes : http://www.vz.ru/opinions/2017/3/7/860841.html

 

Voici notre traduction en français :

 

LES ADMIRABLES « BRIGANDES » CONTRE LE MONDIALISME ET LE FÉMINISME (Par Daria Douguine)

Le groupe français Les Brigandes à juste deux ans et, dans le champ médiatique, c’est l’un des phénomènes culturels qui suscite le plus de discussions et alimente les conversations.

Pour la droite française, ce groupe incarne le renouveau de la culture des chansons et ballades traditionnelles françaises qui parlent d’héroïsme, de patrie, d’histoire, de famille et d’identité ; une forme du combat politique de la tradition contre le monde moderne qui s’exprime par la musique.

Pour les médias du système, ce groupe est un phénomène de tendance extrémiste (ne soyez pas surpris de le trouver sur la page consacrée aux groupes dans Wikipédia sous l’étiquette « extrême droite ») aussi les journalistes du système se contentent-ils de ne mentionner Les Brigandes que dans la catégorie des « infréquentables » ou de ne pas les mentionner du tout…

Et ce ne sera pas du tout un abus de langage que de qualifier ces sept belles jeunes femmes, nostalgiques de la grandeur passée de la France, d’extrémistes.

 

Les Brigandes – Foutez le camp !

 

Extrait de la chanson : « La république totalitaire, elle veut contrôler nos prières ! » / « Brigitte Bardot et la charia, ça ne s’accordera pas »

Qui sont-elles, ces énigmatiques « Brigandes », ces belles jeunes femmes aux masques noirs de bandits qui se produisent pour dénoncer le mondialisme, le féminisme contemporain qui dévalorise la femme et le monde unipolaire ?

En 2014, sept jeunes femmes radieuses ont décidé de former un groupe sous la direction du compositeur et écrivain Joël Labruyère. Les sujets des chansons sont choisis conformément au positionnement politique de leur collectif et sont le reflet de ce qui se produit aujourd’hui dans leur pays, la France, ce grand pays détruit par la mondialisation, détruit par l’abolition des valeurs que sont la famille, le peuple, la nation.

Le but du groupe est d’effectuer une révolution culturelle, faire un « contre mai 68 ». Selon l’expression de Marianne, leader du groupe, Les Brigandes ont été créées pour balancer dans la cour du « système néolibéral » des petites bombes, pour effectuer des « frappes chirurgicales » afin de contrebalancer les « chansons narcissiques » qui ont saturé l’espace actuel.

« Notre groupe produit un travail artistique, culturel et intellectuel pour participer au combat antimondialiste. »

Le nom même de Brigandes n’est pas un choix dû au hasard : il fait référence aux détachements de paysans de Vendée qui, en 1793, se sont soulevés contre la terreur jacobine.

Elles chantent la grandeur passée de la France ; elles chantent la violence du monde capitaliste libéral ; elles chantent le héros assassiné de la « Novorossia », Motorola, et l’injustice qui sévit aujourd’hui au Donbass (à ce propos, en octobre 2016, le groupe s’est rendu au Donbass).

Les titre de leurs chansons sont : « Laissez vivre la Russie », « Cannabisation nationale », « Comment on devient américain », « Le Grand Remplacement » (ce terme politique signifie dans les milieux de la droite française : « remplacement de la population autochtone par les immigrés »), « France notre Terre », « Ô Seigneur, je ne veux pas devenir Charlie » « Les Cerveaux lavés » [sic], « Un million de roses » (« hymne pour le Donbass »).

Elles soutiennent ouvertement la Russie, comme garante d’un monde multipolaire, et son combat contre l’impérialisme occidental.

 

Les Brigandes – Laissez vivre la Russie

 

Leur directeur artistique, Joël Labruyère, compositeur et écrivain, est un adversaire de la globalisation, de l’ordre mondial existant et de la civilisation matérialiste.

Dans ses travaux philosophiques, il y a beaucoup d’éléments de gnosticisme et, il faut le reconnaître, ce caractère gnostique apparaît dans beaucoup de chansons : les jeunes femmes chantent la délivrance de la civilisation matérialiste actuelle et du « règne de la quantité », parlant de la périssabilité du corporel et de l’éternité de l’esprit.

(NDLT : voir notre Note sur la Gnose et le gnosticisme en bas de page)

Parmi les investigations du directeur artistique du collectif, il y a aussi la recherche de l’aspect occulte de la politique mondialiste. Il a analysé les liens entre les loges anglo-saxonnes, le Vatican (les jésuites, ndlt) et la Grande Loge Orientale.

Dans ses travaux, il dévoile l’entente entre l’ordre jésuite, le lobby sioniste et les familles riches de France (comme projet d’un gouvernement mondial, accompagné d’une religion matérialiste dans l’esprit de Pierre Teilhard de Chardin). Les médias libéraux ont surnommé le « gourou » du groupe, un anarchiste révolutionnaire.

Extrait du Manifeste (de notre site, onglet « notre démarche », ndlt) du groupe Les Brigandes :

 

« Nous partons du constat que le plus grand mal qui touche l’humanité occidentalisée est son individualisme. Nous observons que la culture, les idées et la technologie actuelles renforcent l’individualisme, et s’opposent totalement aux principes spirituels et politiques que nous avons définis.

Nous voyons la mutation de l’homme en citoyen international, sans racines culturelles ni véritable esprit religieux.

Tournant le dos à cette culture de l’individualisme « zombifiant », nous nous sommes organisés en clan fraternel. Nous manifestons ainsi notre liberté de nous rassembler pour partager une vie humaine digne.

Notre unité, notre clan, est une organisation sociale qui se situe entre la famille et la nation. C’est la terre où germent la culture et l’identité que nous avons perdues. Il ne tient qu’à nous de raviver les forces culturelles qui dorment en Occident et partout où l’américanisation s’est abattue. Aujourd’hui, pour défendre la culture européenne et les intérêts réels de la France, il est essentiel de s’organiser quotidiennement pour manifester la vie libre, riche et fraternelle qui a fait la gloire de notre civilisation. »

 

Les femmes ont toujours joué un rôle clef dans l’histoire de France (en commençant par Jeanne d’Arc).

Et aujourd’hui, alors que les élites mondialistes aspirent à utiliser la femme comme leur instrument à travers un féminisme contre-nature et artificiel, les véritables femmes de France, les vraies Françaises et les filles de la grande Europe chrétienne s’insurgent contre cela.

Tel que Le Pen (Marine et Marion, ndlt) ou les 7 jeunes femmes du groupe Les Brigandes

 

Note sur la Gnose et le gnosticisme (par le clan des Brigandes)

Il faut corriger certaines affabulations sur ce qu’on appelle la « Gnose ».

« Gnose » vient du grec Gnosis, qui veut dire Connaissance. Être gnostique signifie « chercher la vérité au-delà des formes ». Là où la tradition occidentale a été le plus loin dans le domaine spirituel et philosophique, c’est au sein des mouvements gnostiques, qu’ils soient antiques ou chrétiens : des disciples de Socrate aux manichéens, des Écoles des Mystères d’Éleusis aux cathares d’Occitanie. Platon lui-même, un des pères de la philosophie européenne, était gnostique, et les néo-platoniciens comprenaient la Gnose comme un effort philosophique pour connaître la vérité sur le monde visible et invisible.

Pour établir sa suprématie, l’Église catholique a dû excommunier les gnostiques, c’est-à-dire tous ceux qui cherchaient à comprendre le sens du secret de la vie et de la mort en dehors de l’Église.

Une confusion s’est ensuite établie entre les vrais gnostiques, chercheurs de vérité, et les occultistes. Aujourd’hui, les catholiques confondent l’ésotérisme (la recherche des secrets de l’existence) avec l’occultisme (ensemble de pratiques « magiques » visant à forcer la conscience de manière artificielle). Il faut donc réhabiliter la « Gnose » dans le sens où ce mot est utilisé dans les Évangiles en langue grecque et qui signifie « Connaissance ». Il n’y a aucune comparaison entre le gnostique au sens platonicien du terme, qui cherche le vrai, le beau et le bien, et les loges d’occultistes francs-maçons.

La jeune femme russe auteur de l’article ci-dessus s’intitule elle-même « gnostique », comme son père Alexandre Douguine, un des intellectuels les plus influents de Russie. En effet, la tradition orthodoxe est beaucoup moins sévère avec l’ésotérisme et tolère la liberté de chercher la vérité en dehors des dogmes religieux. Voir à titre d’exemple l’œuvre intitulée « Gnôsis – Étude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale » de Boris Mouravieff, cet ésotérisme chrétien ne choquant pas les religieux orthodoxes.

Autrefois, l’Inquisition traquait les chercheurs indépendants, mais depuis l’avènement de la République, on réprime le chercheur de vérité qui risque de révéler des choses dérangeantes pour l’ordre établi. De ce fait, le gnostique (« celui qui sait ») demeure un hérétique quel que soit le système au pouvoir. La Russie semble échapper à cette intolérance, ce qui lui permet d’intégrer dans sa culture les phases contradictoires de son histoire comme le régime soviétique et le régime tsariste. En France, il est toujours interdit de révéler la vérité sur le génocide républicain de 1793, alors qu’en Russie on peut être communiste ou royaliste, chrétien orthodoxe ou gnostique sans souffrir de discrimination…

 

Daria Douguine : « le concept de tolérance a été créé pour détruire l’identité européenne »